Not my Taxonomie

la lutte pour la planète , l'égalité et l'avenir continue

La chaine humaine du  6 juillet 2022 devant le Parlement Européen à Strasbourg contre la taxonomie du nucléaire et du gaz

 

Même si le résultat est décevant je tiens à souligner quelques observations intéressantes. En fait il y avait deux manifestations qui étaient littéralement opposées. L’une était notre chaîne humaine et l’autre, pro nucléaire, se trouvait exactement à quelques mètres en face de nous sur l’autre côté de la rue qui mène à l’entrée principale du bâtiment du parlement européen. On s’est bien vu (et surtout entendu les uns et les autres) et on était séparé par quelques CRS quasiment immobiles pendant plus que 4 heures qui s’étaient placés en face des deux formations.

 

Nous étions peut-être cinq fois plus de personnes que de l’autre côté chez les pro nucléaires (environ 150 contre 30, plus tard en fin de matinée nous étions encore 100 contre 20) et nous nous sommes étalés sur un assez grand rayon en allant sur le pont devant le parlement . Les pro nucléaires étaient toujours plus ou moins fixes au même endroit à l’entrée de la rue qui menait au parlement . Ils restaient sur place, alors que nous, nous  nous sommes étendus en une chaîne humaine sur le pont tout le long de l’avenue très visibles sur un espace beaucoup plus large.

 

On avait de la chance puisque Simone et moi sommes arrivés un peu avant les pro nucléaires et le commissaire responsable du lieu nous a laissé le choix de l’emplacement car nous avions été les premiers à déclarer le rassemblement. Heureusement que Simone avait inspecté le lieu la veille à la fin de la manif et pris contact avec le commissaire. Ainsi elle a pu choisir le bon côté.

 

Outre le fait d’occuper des emplacements opposés il y avait, de mon point de vue, une multitude d’autres différences : De notre coté on bougeait beaucoup, on chantait, on criait, on dansait, c’était très vivant L’autre coté ce n’était pas tranquille non plus, mais leur bruit venait surtout des amplificateurs et n’ont pas d’eux-mêmes. Et leur bruit (caché en musique) avait surtout comme but de couvrir nos prises de parole.

Cela a commencé dès que Simone a tenu son discours.  Ils ont mis alors leur ampli à fond pour qu’on ne l’entende pas.

  Évidemment, après, nous avons essayé de faire pareil, mais pas  en tournant un bouton mais en élevant nos voix un peu plus. 

  C’était seulement plus tard que quelqu’un a apporté un haut-parleur  Bluetooth qu’on combinait avec un mégaphone. Mais ce n’était  qu’une aide pour leurs propres chants et pour des danses qu’on a pu

  percevoir presque comme des danses de joie. Et cela malgré une

  possible déception dans le vote.

Tout cela donnait à notre coté une couleur de vie, tandis que l’autre coté restait toujours plutôt un peu pâle, immobile, presque statique.

Il y avait une autre spécificité plus subtile. Dans les slogans des jeunes internationaux on pouvait ressentir la terre qui souffre et qui va souffrir encore beaucoup plus dans l’avenir si rien ne change.

J’étais plein d’admiration pour ces jeunes, qui démontraient leur immense compassion avec notre terre, qui exprimaient leur propre souffrance en ressentant comment les êtres humains font souffrir la terre.

De l’autre côté, malheureusement, cette compassion  n’était aucunement perceptible. Surtout quant à l’énergie nucléaire leurs propos manquaient de la moindre compassion vis-à-vis des effets dévastateurs de l’énergie nucléaire dans la nature et pour notre planète entière ainsi que pour le climat. On pourrait même dire que ce côté démontrait avec leurs arguments pro nucléaires leur manque d’intelligence pour la terre ou la nature.

Il était évident qu’une discussion avec eux ne servirait à rien, parce qu’ils leur manquaient apparemment une sorte d’organe de perception de la sensibilité de la terre.

Tout cela n’est pas nouveau. Mais ce qui n’arrive pas tous les jours c’est d’être installé face à face. Je me suis même dit parfois: si c’était une installation comme une œuvre d’art ou une sorte de pièce de théâtre spontanée, cela aurait été bien fait. (Surtout sur fond d’une sorte de compétition continue.)

 

À la fin, vers 12h25,  l’autre côté apprenait un peu plus tôt que nous le résultat du vote. Leur joie s’orientait bien évidemment dans notre direction. Mais pas, comme cela aurait pu être compréhensible, d’une manière naturelle, sinon, comme je l’ai ressenti, d’une manière très cynique.

Comment réagir dans cette situation?  Déjà un peu avant l’inspecteur des renseignements généraux avait demandé à Simone : « Qu’est-ce qu’ils, les jeunes, qui s’étaient engagés pendant des heures avec une telle énergie, vont faire si le vote est négatif pour vous ? Est-ce qu’il y aurait éventuellement des débordements ? » 

Quelques instants après on apprenait aussi la défaite .    Un activiste italien avec ses mots-clefs pour un avenir bon :

    l’amour – la compassion – l’impartialité – la joie.

   

Lucy qui avait magistralement préparé son groupe pour cette manifestation , a annoncé le résultat avec une voix calme.

En ce moment je commençais à me sentir vraiment comme dans une pièce de théâtre. Normalement la grande déception, qui était très visible, aurait pu être la fin. Mais après un petit moment Lucy a repris le mégaphone. Qu’est-ce qu’elle va dire maintenant ? Même les CRS étaient très curieux et attentifs, me semble-t-il.

 

Elle disait (un peu dans ce sens): La lutte va continuer. On n’est pas arrivé à une fin. Elle parlait avec une voix ferme, déterminée. On avait passé 4 heures et demie dans un soleil joyeux avec une espérance immense et concrète. On ne s’attendait pas à ça. C’était triste. Mais Lucy trouvait des mots encourageants, des mots...je dirais même comme « majestueux » , des mots comme pour changer un destin. Notre côté a ainsi assez vite retrouvé le courage, l’énergie, l’enthousiasme… Il y a avait un grand soulagement. Non, ce n’est pas la fin ! Il faut continuer. On va continuer… On fait partie du côté de l’avenir, du coté de la vie, du coté de notre planète, du côté de notre mère terre. Il ne pourra jamais y avoir une fin dans la lutte...

La défaite s’était transformée en une victoire de la volonté et de la détermination !

Klaus (RECH)

Interview Luisa Neubauer (Fridays for Future Allemagne) et la chaîne humaine (droit Simon Black)

https://drive.google.com/file/d/1-d6Ei_1Qxg0rq5aEZ8YbDF_wAaWPsR52/view?ts=62d038a4

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